De la province aux deals large cap : itinéraire d’Alexandre Chapuis, Associate en M&A chez PJT Partners
Loin des trajectoires toutes tracées, le parcours d’Alexandre chez PJT Partners illustre comment la découverte progressive et l’alignement personnel peuvent mener à la banque d’affaires.
L’impératif de l’alignement : un parcours sans plan tracé
L’univers de la banque d’affaires charrie son lot de mythes : celui du parcours académique balisé, de la passion précoce et du chemin de carrière tout tracé. Pourtant, l’itinéraire d’Alexandre chez PJT Partners est celui de la découverte progressive et de l’alignement personnel.
Issu de la province, passé par un lycée de Rouen où il s’ennuie malgré de bons résultats, il n’a aucune idée précise de son avenir à la sortie du bac. Curieux de tout, mais peu enclin aux cadres rigides, il fait le choix de la classe préparatoire en intégrant les rangs de l’Institution Saint-Jean de Douai.
Ce choix s’avère décisif. La prépa devient un véritable déclic : intensité intellectuelle, esprit de promotion, exigence académique et, avant tout, la nécessité de sortir de sa zone de confort. Deux années fondatrices, tant sur le plan humain qu’intellectuel, qui lui ouvrent ensuite les portes de l’EDHEC.
Arrivé à l’EDHEC, le projet M&A n’est pas encore une évidence, ses centres d’intérêt le menant d’abord vers le marketing sportif. Pourtant, au fil des discussions avec ses camarades, un métier revient souvent, le M&A.
Ce qui l’attire ?
- Le côté transversal du métier
- L’équilibre entre finance, stratégie et compréhension business
- Une courbe d’apprentissage extrêmement rapide
Il décide alors de « tester » le métier chez DC Advisory durant un stage de 6 mois qui va définitivement confirmer son intuition.
« À la fin de ces six mois, il n’y avait plus de sujet : je savais que je voulais faire du M&A »
De stagiaire à analyste : une progression plus que des ruptures
Une fois son année de Master 2 réalisée, cette conviction le mène à intégrer, dans la foulée, le rang d’Analyste chez Crédit Agricole CIB (CACIB).
Contrairement à l’image parfois véhiculée, le passage de stagiaire à analyste ne constitue pas une rupture brutale.
Les tâches restent proches au départ : production, analyses, modélisation, supports de présentation. La vraie différence apparaît ailleurs : le côté managérial.
L’analyste commence à encadrer des stagiaires, à répartir le travail, à relire, à anticiper les délais. Il apprend à estimer le temps, à prioriser, à coordonner.
« La montée en responsabilités est progressive, assez lisse »
Son désir de s’aligner sur une vision du conseil pur, portée par la nouvelle vague de boutiques américaines, le pousse ensuite à rejoindre PJT Partners, où il officie aujourd’hui en tant qu’Associate.
PJT : la nouvelle vague du conseil à Paris
Le choix de PJT Partners reflète une analyse lucide du marché, en pleine évolution à Paris. Alexandre qui rejoint PJT intègre une société jeune et entrepreneuriale, créée en 2015, en pleine expansion et en train de s’affirmer comme un acteur incontournable du conseil stratégique.
Pour lui, PJT se distingue par son positionnement d’acteur pure play : l’excellence du conseil. La firme se concentre exclusivement sur des clients large cap et des situations complexes, intervenant autour de ses trois pôles (Restructuring & Special Situations, Strategic Advisory et Fund Advisory).
Cette approche sélective est un critère décisif. L’objectif de la maison n’est pas la quantité de transactions, mais d’apporter « le meilleur conseil sur des situations sélectionnées ».
Le métier d’Associate et l’appel à l’excellence
Le passage au rôle d’Associate est un véritable tournant. Il s’éloigne de l’exécution pure pour se concentrer sur l’analyse critique, la vision d’ensemble des dossiers, et le début de la relation client.
Chez PJT, la souplesse des rôles est essentielle, assurant l’efficacité nécessaire à un métier où le quotidien est dicté par les marchés, les annonces, l’imprévu. « Il n’y a aucune monotonie. »
Avec le recul, Alexandre identifie les trois qualités qui font le succès dans ce métier :
- La rigueur : l’impératif absolu où « chaque chiffre doit être traçable, explicable, justifiable. »
- La curiosité : la passion pour l’apprentissage constant, car l’on est toujours mis en difficulté intellectuellement.
- L’humilité : la capacité à accepter de ne pas savoir, d’écouter et de se remettre en question.
Se préparer à une carrière en M&A : conseils pour les aspirants
L’expérience d’Alexandre chez PJT lui donne une perspective claire sur ce que les jeunes étudiants doivent cultiver pour réussir dans ce milieu hyper-compétitif.
Alexandre est convaincu que si l’Intelligence Artificielle transformera les tâches mécaniques, la valeur se déplacera vers le jugement, la stratégie et la personnalisation. Avant tout, l’humain restera au centre de l’équation.
Son premier conseil est de faire preuve encore une fois d’une curiosité active. Le plus important est de se poser les bonnes questions et d’avoir une réflexion sur l’ensemble des métiers connexes à la finance.
Ensuite, l’information ne suffit pas ; il faut aller au-devant des professionnels. Son message pour les futurs candidats est direct : « N’hésitez jamais à poser des questions. Le contact, c’est ce qui fait avancer. »
Enfin, en écho à ses années de classe préparatoire, Alexandre tient à souligner un mantra qui guide sa vie, tant professionnelle que personnelle : la nécessité de sortir de sa zone de confort. Du grade de stagiaire à celui d’Associate, rien n’est acquis et tout reste à apprendre.
L’appel à l’audace
Finalement, si le M&A est un métier intense, il est avant tout une expérience formatrice exceptionnelle. Alexandre y voit une opportunité constante de croissance personnelle. Son ultime conseil résonne comme un appel à la prise de risque :
« C’est un métier qu’il faut essayer, pour vérifier que cela nous plaît. Pour ceux qui aiment apprendre, se remettre en question et sortir de leur zone de confort, il offre une formation exceptionnelle. »
L’essentiel, conclut-il, est de choisir son projet avec conviction.