Venezuela : le parfum de la guerre entre pétrole, corruption et ambitions américaines
Les États-Unis accentuent leur pression sur le régime de Nicolás Maduro, accusé de corruption et de collusion avec les cartels. Sous couvert de lutte contre la drogue, Washington déploie ses forces dans les Caraïbes, faisant planer la menace d’une intervention armée. Mais derrière ce prétexte moral, c’est bien la bataille pour le contrôle du pétrole vénézuélien et l’influence en Amérique latine qui se profile.
A l’heure où les forces américaines envisagent sérieusement à intervenir directement sur le sol mexicain pour combattre et éliminer les chefs de cartels, en alliance avec l’armée mexicaine (NBC), le président Venezuela Nicolas Maduro redoute plus que jamais de subir le même sort. Depuis le début du mois de septembre 2025, les Etats-Unis ont déployé un porte-avion et des forces de soutien dans la mer des Caraïbes. Cette opération vise à empêcher toute opération de trafic de drogue par les cartels dans la région, accusé d’être la première cause de décès aux Etats-Unis.
Mais ce déploiement consiste surtout en un moyen de signifier au leader vénézuélien qu’une invasion de son territoire pour le renverser est une option réellement envisagée. En effet, l’administration Trump considère qu’il encouragerait, par la corruption généralisée de son régime et ses liens avec les cartels, le trafic de drogue vers les Etats-Unis. Cependant, de nombreux experts internationaux redoutent que cette guerre ne soit qu’un prétexte de plus pour accéder aux immenses réserves de pétrole vénézuéliennes comme source d’énergie stratégique pour la première puissance mondiale.
Sauveurs de la démocratie, pourfendeurs des cartels ou nostalgiques de la guerre en Irak: qui sont les tenants d’une potentielle intervention militaire étasunienne au Venezuela ?
Vers une intervention américaine au Venezuela : de l’économie au militaire
Va-t-il mettre ses menaces à exécution ? L’Iran fut bombardé, le Groenland et le Canada sont restés intacts malgré les pressions. Depuis début septembre, Donald Trump entretient volontairement le flou autour d’une possible intervention américaine sur le sol vénézuélien, après avoir ordonné le déploiement du plus grand porte-avions du monde, le USS Gerald R. Ford, piste d’atterrissage de 90 avions de combat F-35, au large des côtes vénézuéliennes dans la mer des Caraïbes. Il y est appelé pour renforcer les forces maritimes déjà en place qui ont déjà coulé par le fond, une opération contraire au droit international, près de 19 embarcations suspectées de convoyer de la drogue, depuis le Venezuela. Il sera accompagné par une flotte composée de huit destroyers lance-missiles, de bateaux de débarquement, d’un sous-marin nucléaire d’attaque, d’avions de patrouille maritime Poséidon et d’avions espions Ares. Les États-Unis ont également annoncé la mobilisation du 22e corps expéditionnaire des Marines dans la région, et d’autres militaires soit environ un peu moins de 10 000 militaires.
Interrogé sur une éventuelle opération terrestre, le président Trump répond : « les jours de Maduro comme président du Venezuela sont comptés », l’accusant d’envoyer délibérément drogue, criminels et psychopathes vers le sol américain.
Pour l’instant, les troupes déployées dans les Caraïbes paraissent surtout dissuasives : près de 28 000 soldats avaient été mobilisés lors de l’opération « Just Cause » au Panama en 1989, contre seulement 8 000 à 9 000 aujourd’hui. Leur présence a toutefois un effet sur le trafic de drogue, les routes empruntées se modifiant désormais vers le Suriname et le Guyana, plus au sud.
L’intervention militaire est la concrétisation de sanctions économiques lourdes déjà présentes depuis les années 2000 sur les entreprises vénézuéliennes. Dans une économie très dépendante des États-Unis, ces sanctions commerciales et financières ont fortement fragilisé le pays. D’autant plus quand en 2019 Trump a décidé de les étendre au secteur pétrolier et gazier, dans le but affiché de provoquer le départ de Maduro en accentuant le mécontentement populaire. Coup de grâce, Trump a mis fin, début septembre 2025, à la licence autorisant l’entreprise américaine pétrolière Chevron à exploiter le pétrole vénézuélien, entraînant un manque à gagner de 4 milliards $ pour Caracas selon le cabinet Ecoanalitica. Cette décision pourrait avoir été appuyée par Marco Rubio, le secrétaire d’État américain, qui veut renverser les régimes socialistes, comme celui de Cuba, son pays d’origine, les accusant de conduire leur peuple vers la pauvreté.
La Résistance du régime de Maduro
Interrogé sur ce déploiement, Maduro répète, entre calme et frayeur, dans une conférence de presse son « opposition à la guerre”, et appelle à “une paix stable”. Puis, slalomant entre appel au calme et menaces de représailles, l’autocrate vénézuélien diffuse en retour une vidéo montrant ses avions de combat et missiles KH-10 achetés à la Chine, à l’Iran et à la Russie. Le Washington Post révélait que Maduro avait sollicité ces deux alliés pour qu’ils leur envoie des radars terrestres, des avions et des missiles. Ses menaces de représailles se concrétisent même dans le réel ; début novembre, deux F-16 vénézuéliens ont survolé un navire de guerre américain, faisant suite à plusieurs exercices militaires réalisés dans la mer des Caraïbes en septembre. Mais Maduro sait que son armée ne fait pas le poids face à celle de son adversaire, d’autant plus après la désertion de nombreux soldats mal payés récemment qui ont réduit la taille de l’armée vénézuélienne, rappelle le Financial Times. Ainsi il a confié à l’armée le soin de créer urgemment une milice citoyenne composée de près de 4,5 millions de civils et de l’entraîner selon des tactiques de guerre asymétriques de guérilla. Militaires et milice citoyenne ont ainsi défilé ensemble dans les rues de Caracas pour montrer leur opposition aux Etats-Unis. Maduro compte aussi sur les alliances avec ses pays voisins qui dénoncent “l’interventionnisme américain” pour résister à une potentielle offensive américaine prolongée. Un Etat d’exception a aussi été déclaré par le régime ce qui lui permet d’avoir davantage de pouvoirs envers l’armée et pour prendre le contrôle plus rapidement à des infrastructures
D’un Etat nacré à un narco-Etat
Dans la région du nord de l’Amérique Latine, la lutte contre les cartels de drogue dure depuis des décennies. Elle fait des dizaines de milliers de morts par an à cause des conflits entre gangs armés qui contrôlent ces trafics. Indirectement, la drogue fait près de 80 000 morts par an aux Etats-Unis, un chiffre qui a doublé depuis 2020. Cette crise des opioïdes est une des raisons pour laquelle l’administration Trump engage de tels moyens militaires pour mettre la pression sur un pays accusé d’être un “narco-Etat”.
Après des années de réussite économique liée à l’augmentation du prix du pétrole et à la récolte d’huitres perlières, 2008 marque la chute du prix du baril et le Venezuela, dirigé par Hugo Chavez, largement dépendant de cette manne, sombre dans l’instabilité. A cette même époque, le trafic de drogue fleurit en Colombie, développé par les FARC et les milices d’extrême droite pour financer leur guerre civile. Ces derniers trouvent dans le Venezuela un terrain favorable comme pays de transit vers l’Europe ou les Etats-Unis. De nombreux fonctionnaires du gouvernement et généraux dans l’armée vénézuélienne, peu payés, sont ainsi corrompus par les milices colombiennes pour assurer le transit de la drogue dans le pays. Par exemple, Pablo Carvajal, chef du contre-espionnage militaire de Hugo Chavez, de 2004 à 2011, a plaidé coupable sous la pression del a CIA lors d’un procès en 2025 à New-York pour des accusations de narcotrafic et de trafic d’armes.
La lutte contre les réseaux de drogue est rendue plus difficile car Chavez interdit la DEA (agence étasunienne de lutte anti-drogue) dans le pays et rompt les liens avec l’ambassade américaine. Cette décision est dans la droite lignée de sa vision anti-impérialiste américaine mais baisse les moyens alloués à la lutte contre cette nouvelle para-économie. Dans les années 2000 et 2010, le Vénézuela, grâce à sa façade maritime sur la mer des Caraïbes, devient ainsi peu à peu un pays avec un rôle actif de distributeur de la cocaïne vers l’Europe et les Etats-Unis.
Les réseaux de drogue au cœur des cercles de pouvoir ?
Il est probable qu’une grande partie du cercle du pouvoir vénézuélien est concerné de près ou de loin par le trafic de drogue sans que ce trafic soit au cœur de l’appareil politique mais plutôt comme une manière de s’enrichir personnellement. En plus de nombreux généraux comme Pedro Carvajal, les neveux de Maduro eux-mêmes ont ainsi été capturés par la DEA en 2015 après avoir transporté pour près de 800 kg de cocaïne, pour le compte des FARC, vers le Mexique en utilisant un avion présidentiel: c’est l’affaire Narco Sobrinos (ou « neveux narcos »). Cette arrestation a renforcé l’accusation faite à Maduro d’encourager l’exportation de drogue. La DEA accusait ainsi ses neveux d’avoir opéré l’opération de transit pour financer ses campagnes, à l’instar de la Syrie d’Assad et le captagon, et pour contourner les sanctions internationales, le pays manquant cruellement de devises étrangères, notamment du fait de l’embargo américain sur son pétrole.
Maduro est-il alors le chef de réseaux de cartels de drogue au service de l’Etat ? L’administration Trump a accusé maintes fois les gang vénézuéliens “Tren de Aragua” et « Cartel de los Soles« , des cartels vénézuéliens très présents aux Etats-Unis, d’être dirigé par Maduro. Elle les a même inscrit sur la liste des organisations terroristes, sans preuves apportées. Tout comme le “cartel de los Soles”, ces gangs sont en fait des organisations décentralisées, sans véritable chef à leur tête. La DEA dans son rapport de 2025, la Colombie et plusieurs experts internationaux réfutaient même l’existence de ce “cartel de los soles” qui ne serait qu’une simple appellation pratique créée par les américains pour désigner des petits gangs de divers régions non liés entre eux et parfois même ennemis.
L’agence anti-drogue américaine confirmait elle-même dans une note rendue publique en avril 2025 cet état des lieux : « Si l’environnement permissif du Venezuela autorise TDA (Tren de Aragua) à opérer, le régime de Maduro n’a probablement pas pour politique de coopérer avec TDA et ne dirige pas les mouvements et les opérations de TDA aux Etats-Unis ». L’agence avait ainsi cherché à modifier ce rapport pour ne pas diverger de la version de Trump, comme le rapportait un article du New York Times.
S’il est possible que Maduro ait collaboré occasionnellement avec le TDA par exemple pour éliminer des opposants politiques à l‘étranger, comme le général Ojeda au Chili, aucun lien régulier ne semble être entretenu entre Maduro et les cartels. L’autocrate vénézuélien laisse les cartels agir, cartels dans lesquels une partie de ses généraux et fonctionnaires participent, pour continuer à bénéficier de leur soutien politique. En effet, Maduro est encore au pouvoir malgré son impopularité grâce au soutien de l’armée. L’opposition est muselée, exilée et emprisonnée. Si l’armée lâche Maduro, le peuple le renversera.
Un faux prétexte : le Venezuela, un nain dans le trafic de drogue mondial
Cependant, le rapport de l’ONU sur l’évolution des réseaux de drogue dans le monde, paru en 2025, met l’accent sur des pays producteurs comme la Colombie qui produit 70% de la cocaïne mondiale, ou le Pérou et la Bolivie (les 25% restants). A leurs côtés, le Venezuela n’est qu’un pays de transit occasionnel, par lequel passe entre 5% et 10% de la cocaïne produite en Amérique du Sud par les routes des Caraïbes, notamment depuis la ville de San Juan de las Galdonas contrôlée intégralement par des gangs. A l’inverse, 87% de la cocaïne passe par les véritables hubs d’échange de la drogue mondiale : la Colombie et l’Equateur vers les routes du Pacifique. Pour ce qui est du Fentanyl, à l’origine du rebond de la crise des opioïdes aux Etats-Unis, il est produit et exporté très majoritairement depuis le Mexique.
D’autre part, le Venezuela engage quelques moyens pour lutter activement le trafic de drogue et ses conséquences. A la région frontalière avec la Colombie, dans les Etats de Zulia et Táchira, plus de 15 000 soldats ont été déployés. Le ministre de l’intérieur Diosdado Cabello affirme ainsi que le pays intercepte entre 70% et 80% du volume de cocaïne passant par son territoire, évoquant la saisie record de 60 tonnes de cocaïne réalisée en début d’année dans la région. Maduro réagissait ainsi à l’accusation des Etats-Unis de considérer le Venezuela comme un narco-Etat comme une “menace injustifiable, immorale et criminelle”.
Si le Venezuela ne peut pas être accusé de produire et de distribuer activement de la drogue selon une politique étatique planifiée, pour le FMI, sa passivité dans le trafic de drogue suffit pour en faire un narco-Etat. Le FMI définit ainsi un narco-Etat comme un État dont « toutes les institutions légitimes ont été pénétrées par le pouvoir et la richesse issus du trafic illicite de drogue ». Nul besoin de politiques institutionnelles d’État, une tolérance massive ou une complicité active des autorités gouvernementales dans ces activités criminelles suffisent.
2 catégories de narco-Etat se détacheraient ainsi : les Etats passifs dans le trafic de drogue qui sont victimes de corruption dans leur rang (Vénézuela, Equateur etc.) et les Etats actifs dont les instances politiques sont utilisées pour faire du trafic de drogue comme des organisations de narcotrafic. Dans cette dernière catégorie, le Suriname fait ainsi figure d’exemple puisque le président et de nombreux ministres ont été condamnés à de multiples reprises pour trafic de drogue, comme en témoigne la vidéo de Charles Villa « J’ai rencontré un des narcotrafiquants français les plus importants d’Amérique du Sud ».
L’Or Noir : la véritable cause du conflit depuis le début ?
Après les cartels imaginaires et le faible rôle du Venezuela dans le trafic de drogue mondial, le désastre de la guerre en Irak et les mensonges des Etats-Unis pour la déclencher, fait perdre le discours de l’administration Trump en crédibilité. Trump pourrait en effet trouver le prétexte de la guerre contre la drogue pour destituer Maduro et rétablir le contrôle américain sur les champs de pétrole vénézuéliens. Le pays dispose en effet de 20% des réserves mondiales de pétrole avec 300 milliards de barils de capacité estimée. En comparaison, l’Arabie Saoudite détiendrait seulement 266 milliards de barils en réserve. Cette réserve vénézuélienne est exploitée très en-deçà de son potentiel du fait de sa composition en sable bitumineux coûteux à transformer, du manque d’infrastructures et d’investissement réalisés. Il faut dire aussi que l’industrie pétrolière vénézuélienne a été mise en place par les Etats-Unis.
C’est le nationaliste socialiste Hugo Chavez, élu en 1998, qui a décidé de se lever contre l’impérialisme américain et les inégalités économiques dans son pays. Il avait ainsi, à la suite de son prédécesseur Carlos Andres Perez, décidé de nationaliser le symbole de la mainmise étasunienne sur le pays : l’industrie du pétrole, possédée intégralement par une entreprise étasunienne (la PDVSA) et une des sources principales de pétrole pour les Etats-Unis à cette époque. Il en donne l’exclusivité de l’exploitation à une entreprise publique.
Renversé en 2002 par un coup d’Etat dont le régime est favorable aux Etats-Unis, il est rétabli deux jours plus tard, et en ressort encore plus opposé aux Etats-Unis. Il noue alors des relations étroites avec des puissances opposées du système américain : la Chine et la Russie dans les domaines commerciaux et militaires, mais aussi Cuba et la Bolivie en lançant l’alliance bolivarienne en 2004, fruit de nombreux partenariats économiques, financiers et culturels pour tenter de sortir de la dépendance au marché occidental.
L’opposition structurelle entre les Etats-Unis et le Venezuela est donc ancrée dans l’histoire récente des deux pays. Les Américains seraient prêts aujourd’hui à déclencher la guerre pour rétablir leur domination sur l’or noir confisqué par le régime Chaviste dont se reconnait Maduro.
Invasion finale du Venezuela : 3 scénarios
En attendant l’arrivée du porte-avions mi-novembre, l’armée américaine envisagerait trois hypothèses d’action contre le Venezuela, rapporte le New York Times.
La première consisterait à mener des frappes aériennes sur les stations de pompage de pétrole brut, les raffineries et les sites stratégiques de l’armée vénézuélienne. Cette opération éclair pourrait être coordonnée avec une opération plus longue : un embargo maritime sur toutes les exportations de pétrole vers l’étranger ou d’importations alimentaires. Le soutien de l’armée et son système de contrôle de la population serait alors renversé. Les 60% de vénézuéliens ayant voté contre Maduro aux élections présidentielles, selon les chiffres de l’opposition se soulèveraient alors en prenant exemple sur les nombreuses manifestations réprimées dans le sang après les dernières élections (on en compte près de 90 000 depuis 2010).
La seconde hypothèse envisagée, la moins probable, serait une invasion terrestre d’un Etat narco-terroriste. Mais Donald Trump a déclaré qu’il n’était « pas probable » que les États-Unis entrent en guerre contre le Venezuela. Une intervention au sol nécessiterait en effet bien plus de moyens et d’hommes que ceux actuellement mobilisés et impliquerait des pertes humaines qui lui seront reprochées par son camp républicain.
La troisième option serait une mission commando d’enlèvement ou d’assassinat de Maduro, menée par les forces spéciales. Cette option est plus que jamais probable depuis l’enlèvement raté du leader vénézuélien par la CIA en 2024, révélée par Associated Press. Cette dernière avait en effet tenté d’acheter l’un des pilotes personnels de Maduro, le général Botner Villegas, pour pouvoir détourner l’avion sur une base américaine, contre une grosse somme d’argent. Mais le pilote est resté fidèle au président. Cette opération s’inscrit dans la longue liste de renversement de régime effectuée par la CIA en Amérique Latine au Guatemala, au Chili et au Venezuela depuis une cinquantaine d’années selon le Wall Street Journal. Cette opération pourrait aussi être conduite par des groupes armés, alors que le département de la Justice américain a relevé la prime offerte pour toute information menant à l’arrestation de Maduro, passant de 15 à 50 millions $ le 8 août.
Conclusion
Le Venezuela est certes un narco-Etat gangrené par la corruption aux plus hauts niveaux de l’Etat et affecté par l’inaction du régime de Maduro contre cette situation. Mais il semble très exagéré de tenir le Venezuela comme le pays responsable de l’affluence massive de drogues vers les Etats-Unis, compte tenu de son rôle de pays non-producteur et par le faible volume qui y transite.
L’intérêt des Etats-Unis dans le Venezuela, dans la droite lignée de son intervention en Irak, semble ici géopolitique : avoir un accès privilégié aux plus grandes réserves de pétrole du monde pour lutter contre la raréfaction des ressources et contrer l’influence russe et chinoise. Pour cela, la démocrature Maduro nécessite d’être renversée.
Ce prétexte n’est ainsi qu’une « post-truth » de plus pour Trump qui, face à la compétition des BRICS et de la Chine et l’affaissement du dollar, cherche à contrôler son « American Backyard » selon la doctrine Monroe, l’Amérique Latine. La Colombie de Gustavo Petro, accusé lui aussi d’être un « narco-leader », est elle aussi sous la menace d’une intervention au vu de la lignée anti-américaine de ce dernier dans un pays historiquement contrôlé par les Etats-Unis avec plus de 6 bases militaires sur son sol et des chefs d’Etat conciliants. La bataille américaine dans un monde multipolaire semble ainsi se faire au mépris de tout droit international comme un retour à une nouvelle guerre froide entre BRICS et Occident.