Édito 𝐄𝐝𝐢𝐭𝐎’ 𝐝𝐮 𝐋𝐮𝐧𝐝𝐢 : 𝐆𝐮𝐞𝐫𝐫𝐞 𝐞𝐧 𝐈𝐫𝐚𝐧, 𝐥𝐞 𝐩𝐞́𝐭𝐫𝐨𝐥𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐧𝐝 𝐥𝐞 𝐥𝐚𝐫𝐠𝐞
EditO' du Lundi 02/03
𝑳’𝑰𝒓𝒂𝒏, 𝒖𝒏 𝒂𝒏𝒊𝒎𝒂𝒍 𝒃𝒍𝒆𝒔𝒔𝒆́
Depuis samedi dernier, le Moyen-Orient a basculé. Les frappes des États-Unis et d’Israël ont neutralisé la tête pensante du régime iranien. En riposte, Téhéran a déclenché une vague d’attaques par drones et missiles sans précédent sur les bases américaines, britanniques et françaises situées dans ses pays voisins du Moyen-Orient. Pour la première fois, des infrastructures civiles majeures sont sous le feu, brisant l’image de sécurité et de calme du Golfe, mais aussi la production pétrolière mondiale.
🔍Pour en savoir plus : https://onoris-journal.com/economie-geopolitique/iran-un-massacre-pour-rien/
𝑳𝒂 𝑪𝒓𝒊𝒔𝒆 𝒅𝒖 𝑷𝒆́𝒕𝒓𝒐𝒍𝒆
Dès l’ouverture des marchés asiatiques ce matin, le prix du baril a bondi de 13 %, grimpant à 82 dollars en une seule journée. Les analystes prévoient un baril atteignant les 100 dollars dans un futur proche, un sommet oublié depuis le début du conflit en Ukraine il y a quatre ans. En effet, l’Iran, 10e producteur mondial avec 3,1 millions de barils par jour, voit ses infrastructures de production pétrolière directement menacées et à en réponse au conflit bloqué le détroit d’Ormuz. Cette passe voit passer près de 20% du pétrole mondial tous les jours, désormais tout contingent pétrolier est bloqué à quai. Dimanche matin, un tanker battant pavillon Palaos qui tentait de passer le détroit a été frappé par un missile iranien. L’objectif de Téhéran est clair : utiliser l’énergie comme arme de pression pour contraindre Washington à cesser son offensive.
Certes, la puissance navale américaine pourrait rétablir la bonne circulation aux alentours du détroit, cependant la menace des drones Shahed impose une prime de risque massive pour les avions et vaisseaux américains.
Face à l’urgence, l’OPEP+ a réagi dimanche en augmentant ses quotas de production de 206 000 barils pour avril, loin des 137 000 prévus. Mais cette hausse reste modeste face au choc estimé : une perte nette de 8 à 10 millions de barils par jour. De son côté, Washington préfère rester optimiste et refuse encore de puiser dans ses réserves stratégiques de 450 millions de barils.
𝑼𝒏 𝑴𝒐𝒚𝒆𝒏-𝑶𝒓𝒊𝒆𝒏𝒕 𝒓𝒆𝒅𝒆𝒗𝒆𝒏𝒖 𝒊𝒏𝒔𝒕𝒂𝒃𝒍𝒆
Enfin, c’est le modèle économique du Golfe qui vacille. Après le bombardements d’aéroports internationaux (Dubaï, Koweit), d’hôtels (Dubaï, Bahrain) et de quartiers résidentiels (Qatar, Bahrain, Israël), le tourisme international et les investissements pourraient être amenés à fuir cette nouvelle zone de haute intensité. Alors que leur économie après-pétrole réside dans la promotion de cette stabilité et propicité à construire pour les familles, les entreprises ou les touristes, le conflit pourrait leur mener un coup dur dont ils pourraient mettre longtemps à se relever.