D’un Spring en finance à McKinsey : itinéraire d’une jeune consultante
Tracer sa voie dans le monde compétitif de la finance et du conseil n’a rien d’évident. Le parcours d’une jeune consultante aujourd’hui en poste chez McKinsey illustre bien les hésitations, les bifurcations et les apprentissages qui jalonnent les premières années de carrière.
Le premier déclic : un Spring à Londres
Son histoire commence avec un Spring dans une banque d’investissement française à Londres. Attendu par de nombreux étudiants comme une étape incontournable, l’événement s’est révélé à ses yeux plus modeste que prévu : présentations d’équipes, networking, immersion dans un nouvel environnement. « En réalité, c’est surtout un outil de pré-sélection pour obtenir un Summer, pas une expérience de formation en profondeur », nuance-t-elle.
Elle insiste toutefois sur un point crucial : il faut prendre le Spring au sérieux. Un test de logique anodin lui a coûté sa place pour le Summer. « Je l’ai pris trop à la légère et j’ai fait des erreurs bêtes. Avec le recul, je regrette de ne pas avoir mieux préparé cet exercice. »
Son conseil est clair : préparer ces tests sérieusement, car le véritable enjeu du Spring est bien de décrocher un Summer, étape décisive pour une carrière en banque d’investissement.
L’immersion en Debt Capital Markets
La suite de son parcours passe par un stage en Debt Capital Markets (DCM) dans une grande banque française. Là, elle découvre les coulisses de l’émission de dettes pour des institutions financières et des États. Elle participe à des appels clients, suit les marchés via Bloomberg, échange avec d’autres équipes de banques.
Avec le recul, elle garde une impression contrastée : « En première partie de césure, c’était parfait. J’ai appris beaucoup, j’ai vu de près des deals concrets. Mais très vite, j’ai eu le sentiment d’avoir fait le tour : l’apprentissage technique semblait limité au-delà d’un certain stade. »
Cette lucidité précoce lui permet de réajuster ses ambitions avant même la fin de son cursus.
L’épreuve de vérité : l’Investment Banking
Pour confirmer ou infirmer ses intuitions, elle choisit ensuite un stage en investment banking dans une autre banque française. L’expérience est marquante : un rythme beaucoup plus intense, des nuits parfois écourtées, la pression constante des deals en cours. « Ce n’était pas 4h du matin tous les soirs, mais il m’est arrivé de passer une partie de la nuit au bureau. C’était un mode de vie exigeant, où la charge de travail est affichée et assumée. »
Cette étape lui permet de comparer les deux univers. Le DCM lui avait offert une exposition rapide, mais relativement cadrée. L’IB, lui, impose une discipline implacable et une endurance mentale. Elle retient de cette expérience un apprentissage solide, mais aussi la conviction que ce n’était pas un environnement où elle voulait construire toute sa carrière.
Le choix du conseil : apprentissage accéléré
C’est finalement vers le conseil en stratégie qu’elle se tourne, intégrant McKinsey. Loin de l’univers bancaire, elle y découvre une autre intensité : celle de la polyvalence. « Chaque mission, c’est un nouveau secteur, une nouvelle entreprise. Tous les trois mois, tu plonges dans un univers que tu ne connaissais pas la veille. »
Ses projets se concentrent sur l’énergie et la transition climatique : optimisation de l’exploitation d’éoliennes offshore, approvisionnement énergétique d’institutions internationales, réduction des émissions carbone. Les équipes, à taille variable, fonctionnent en mode collaboratif avec une forte responsabilité confiée dès les premiers niveaux.
Le contraste avec la banque est net : « En banque, on se spécialise rapidement sur un instrument ou un type de deal. En conseil, les terrains de jeu sont illimités : secteurs, géographies, problématiques. L’apprentissage est continu et accéléré. »
Conseils aux étudiants
De son parcours, elle tire plusieurs leçons pour les étudiants qui s’interrogent sur leurs choix :
- Tester tôt : multiplier les stages pour savoir ce que l’on ne veut pas faire est une chance.
- Prendre le Spring au sérieux : c’est un tremplin vers le Summer, mais il n’est pas assuré et il faut bien se préparer pour transformer cette expérience en Summer.
- Comparer les univers : la banque offre une expertise technique pointue et des rémunérations élevées, mais avec une spécialisation rapide. Le conseil propose une courbe d’apprentissage plus transversale, au prix d’horaires exigeants et d’une rémunération légèrement inférieure.