1. Quel type de lycéen étiez-vous et quelles étaient vos matières de prédilection au lycée ?

J’étais un lycéen curieux et motivé, plutôt tourné vers les matières scientifiques, parce que ce sont des disciplines structurées, logiques, et qui permettent de comprendre le monde avec une vraie rigueur.

2. Pourquoi avoir choisi d’intégrer une classe préparatoire scientifique après le lycée ?

→ Un peu par défaut : j’avais de bonnes notes, j’aimais vraiment les maths, donc c’est un peu la voie qui s’est imposée d’elle‑même. C’était continuité logique qui me permettait de rester dans un environnement exigeant tout en gardant beaucoup d’options ouvertes pour la suite.

3. Vous avez effectué votre classe préparatoire au lycée Sainte-Geneviève. Comment décririez-vous votre expérience en prépa à Ginette ?

→ Avec le recul, je ne suis pas certain que le système de prépa soit aussi formidable qu’on le présente. On apprend énormément, mais on bachote surtout comme des ânes, et une fois les concours passés, il ne reste pas toujours grand‑chose de toute cette accumulation. Cela dit, sur le plan personnel, j’en garde un vrai bon souvenir : j’y ai rencontré plusieurs de mes amis les plus proches, j’ai pu continuer le rugby, et j’ai pu perfectionner mon niveau à Mario Kart entre deux colles. Donc oui, c’était intense, parfois absurde, mais humainement, c’était une bonne période.

4. Vous intégrez ensuite Centrale Paris. Pourquoi ce choix, et avec quelle idée de parcours en tête à ce moment-là ?

→ Ce n’était pas un choix, simplement la meilleure école que j’ai eue. Je n’étais pas admis à Polytechnique et n’avais aucune envie de faire 5/2. Aucun plan précis sur mon parcours à ce moment-là, et finalement, ça s’est avéré être une excellente option : un environnement scientifique solide, beaucoup de liberté, et suffisamment d’ouverture pour me laisser construire la suite au fur et à mesure.

5. Durant votre scolarité à CentraleSupélec, vous avez fait le choix de compléter votre cursus par un échange à l’ESCP Business School. Pourquoi avoir souhaité ajouter une formation en école de commerce à votre parcours d’ingénieur ?

→ Pour être honnête, j’ai surtout fait cet échange à l’ESCP parce que ça me permettait de partir à Londres pendant six mois sans payer les frais de scolarité de l’école. L’idée d’ajouter une dimension plus business à mon parcours me plaisait, mais l’opportunité de vivre une expérience internationale à moindre coût a clairement pesé dans la balance. Et finalement, cela m’a apporté à la fois une ouverture différente et une vraie respiration dans mon cursus d’ingénieur.

6. Vous débutez votre césure par une première expérience en M&A. Pourquoi avoir choisi le M&A à ce stade, et plus particulièrement le M&A corporate chez TF1 ?

→ Le M&A me semblait être un excellent moyen d’entrer dans la finance en étant exposé rapidement à des problématiques stratégiques. TF1, en corporate, offrait un angle très opérationnel : on travaille au cœur du groupe, on comprend la logique industrielle derrière les décisions, et on gagne une vraie proximité avec le management. C’était un cadre idéal pour une première immersion.

7. Vous poursuivez ensuite votre césure en venture capital. Pourquoi ce choix après une première expérience en M&A ?

→ Après le M&A, j’avais envie de voir un autre angle du financement : quelque chose de plus entrepreneurial, plus orienté innovation. Le VC permet d’être plongé dans un écosystème dynamique, d’analyser des business models très variés, et de développer un regard différent sur la prise de risque. C’était très complémentaire avec le M&A.

8. Vous revenez ensuite vers le M&A, cette fois en TMT chez Lazard. Pourquoi ce retour au M&A ? Dans quelle mesure votre expérience préalable en M&A corporate a-t-elle facilité ou orienté cette transition ?

→ Le passage chez Lazard était une manière de revenir à un environnement très technique et exigeant, avec une exposition forte aux opérations complexes. Mon expérience en M&A corporate m’a clairement aidé : j’avais déjà assimilé les mécanismes transactionnels, ce qui m’a permis de monter rapidement en puissance. Le secteur TMT, en plus, combinait rigueur analytique et innovation – ce qui résonnait bien avec mon profil scientifique.

9. Après le M&A, vous vous orientez vers les métiers du private credit. Pouvez-vous expliquer en quelques mots en quoi consiste votre métier aujourd’hui, et pourquoi vous avez fait le choix de quitter le M&A ?

→ Le private credit m’a attiré parce qu’il combine analyse financière poussée, compréhension stratégique des entreprises, et une dimension de relation long‑terme avec les dirigeants et les sponsors. Aujourd’hui, mon métier consiste à analyser, structurer et suivre des financements privés pour des entreprises. J’aime particulièrement l’équilibre entre technicité, jugement et proximité avec les acteurs du marché.

10. Si vous deviez décrire Ardian en trois mots, lesquels choisiriez-vous ?

→ Exigence, esprit entrepreneurial, et confiance.

11. Y a-t-il un livre, une pensée ou une personnalité qui a particulièrement influencé votre manière de concevoir votre parcours professionnel ?

→ Non.

12. Si vous deviez donner deux conseils à un étudiant souhaitant suivre une trajectoire similaire à la vôtre, lesquels seraient-ils ?

→ Cultivez votre curiosité. Ne vous limitez pas à un parcours “type” : explorez, testez, confrontez-vous à différents environnements. Travaillez votre capacité à apprendre vite. Que ce soit en prépa, en école ou en finance, la clé est d’être adaptable et d’aimer comprendre de nouvelles choses – surtout si vous venez d’un profil scientifique.

13. Enfin, auriez-vous une anecdote marquante à partager pour conclure cet entretien ?

→ Honnêtement, non : soit elles ne sont pas drôles, soit elles ne sont pas racontables – ce qui, dans le cadre d’un entretien, revient au même.