Démocratiser, innover, investir : immersion dans la vision de Bradley Lafond, CEO de Fundora
« Investir dans le private equity à partir d’un ticket minimum de 100 euros » : voici la promesse que Bradley Lafond, CEO de Fundora, une fintech spécialisée dans le co-investissement, fait à ses clients.

Fundora vise à démocratiser les investissements en capitaux privés dans des entreprises non cotées en offrant la possibilité à des particuliers d’investir à partir de 100 euros dans des stratégies d’investissement ciblant des entreprises. L’investissement dans des fonds traditionnels de private equity est généralement restreint aux fonds de pension, aux caisses d’assurance et à d’autres investisseurs institutionnels. Les personnes physiques ayant accès à ces fonds sont peu nombreuses, puisque les capitaux requis pour y entrer s’élèvent à plusieurs millions d’euros.
Cet article résume l’interview que m’a accordée Bradley Lafond à travers, dans un premier temps, son parcours, puis le business model de Fundora illustré par des chiffres clés, et enfin les objectifs de l’entreprise et son évolution souhaitée dans le secteur concurrentiel de la fintech.
Avant d’être un acteur de la fintech, Bradley est avant tout un entrepreneur. À la suite d’un échange académique en Thaïlande, il ouvre une première société d’importation de mobilier, qui lui servira à financer son second projet, porté avec son frère : la boulangerie Ernest et Valentin. L’un effectue un CAP pâtisserie, l’autre un CAP boulangerie.
Aujourd’hui, Ernest et Valentin est une chaîne qui compte 13 boutiques en Île-de-France. Il revend ensuite ses parts de l’entreprise à son frère et décide d’investir dans des actifs non cotés. Il se heurte alors aux fonds traditionnels de private equity, qui exigent un ticket d’entrée minimum compris entre 2 et 3 millions d’euros pour une seule stratégie d’investissement.
C’est à partir de cette frustration qu’il cofonde Fundora avec son associé Benoît Feron. Son ambition est claire : démocratiser l’investissement en private equity en réduisant les tickets d’entrée et en diversifiant les stratégies de co-investissement possibles, telles que le buyout, le growth ou le venture.
Le co-investissement est rendu possible grâce au format « club deal ». Dans le cas de Fundora, il s’agit d’une stratégie d’investissement dans laquelle plusieurs investisseurs sont réunis par la fintech afin de constituer un ticket d’au moins 500 000 euros.
La différence avec un fonds d’investissement réside dans le fait que les particuliers choisissent les entreprises dans lesquelles ils souhaitent investir. Fundora propose par exemple des opportunités ciblant Birkenstock ou SpaceX, et ce sont les particuliers qui décident s’ils veulent y participer.
La startup est rentable grâce aux frais de souscription qu’elle facture aux membres du club, sans prélever de pourcentage sur les gains réalisés par les investisseurs. Par ailleurs, les club deals ne sont pas juridiquement gérés par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), ce qui offre davantage de liberté aux fondateurs dans le choix des stratégies d’investissement.
En 2023, Fundora comptait 300 membres pour 6 millions d’euros investis. Aujourd’hui, ce sont plus de 20 000 membres qui ont investi environ 23 millions d’euros. Les investisseurs choisissent également la maturité de leur investissement — au minimum cinq ans — ainsi que les rendements potentiels, pouvant aller jusqu’à x8.
Les objectifs de Fundora sont clairs : devenir, à terme, investisseur majoritaire dans des levées de fonds et atteindre plus de 500 millions d’euros d’actifs sous gestion. Bien que la concurrence soit rude avec des entreprises comme Trade Republic ou Revolut, qui gèrent plusieurs milliards d’euros d’actifs, Bradley se montre confiant quant à la croissance de sa startup, le marché français étant très profond.
Les Français détiennent environ 6 milliards d’euros sur leurs comptes d’épargne, et le fondateur de Fundora est convaincu que c’est en proposant des solutions d’investissement simples que les particuliers accepteront d’investir. C’est la mission qu’il s’est donnée avec son associé Benoît Feron.
Enfin, la fintech française Fundora, spécialisée dans la démocratisation du private equity, a récemment annoncé l’acquisition de 100 % de Kyoseil Asset Management, une société de gestion agréée par l’AMF.
Ce rachat stratégique, officialisé en février 2026, permet à la plateforme d’internaliser l’ensemble de sa chaîne de valeur et de passer du statut de simple intermédiaire numérique à celui d’institution financière intégrée.
