La statistique en devient presque risible : en 2025, on recensait plus de sociétés de chars que de constructeurs de voitures en Europe. Si les différentes marques de voitures européennes ont fusionné en grands conglomérats…

À l’annonce du SCAF en 2017, le « système de combat aérien du futur » de l’Europe, on pensait que les armées de l’air seraient le premier domaine à adopter une vision européenne : mutualisation des coûts, développement d’une architecture IA, drones. Mais le projet européen était trop… européen pour que tout s’accomplisse sans accrocs.

𝐌𝐚𝐢𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐯𝐢𝐞𝐮𝐱 𝐫𝐞́𝐟𝐥𝐞𝐱𝐞𝐬 𝐰𝐞𝐬𝐭𝐩𝐡𝐚𝐥𝐢𝐞𝐧𝐬 𝐨𝐧𝐭 𝐥𝐚 𝐯𝐢𝐞 𝐝𝐮𝐫𝐞.
Aujourd’hui, seule la France et l’Espagne promeuvent toujours le SCAF, fidèles à sa version d’origine. À la suite des désaccords entre Dassault Aviation et Airbus autour de l’entreprise dirigeant le programme, l’Allemagne fait volte-face et s’interroge publiquement sur la réelle utilité de ce programme. Tandis que la Belgique annonce, via son ministre de la Défense, « réévaluer sa position ».

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Les critiques sont légitimes : Quelle confiance avoir dans un projet où chaque pays veut promouvoir son industrie phare au détriment des autres Européens ?
De même, quelle utilité aurait l’Allemagne à payer pour un chasseur adapté au lancement de missiles nucléaires ? Et à l’atterrissage sur porte-avions ?

𝐎𝐮𝐢, 𝐥𝐞 𝐒𝐂𝐀𝐅 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐮𝐧 𝐩𝐫𝐨𝐣𝐞𝐭 𝐩𝐚𝐫𝐟𝐚𝐢𝐭. 𝐌𝐚𝐢𝐬 𝐜’𝐞𝐬𝐭 𝐮𝐧 𝐩𝐫𝐨𝐣𝐞𝐭 𝐞𝐮𝐫𝐨𝐩𝐞́𝐞𝐧.
Renoncer, dès les premiers obstacles, au maintien du programme serait symboliquement désastreux pour la crédibilité d’une Europe de la Défense.
En outre, ces blocages parasites s’alignent contre la volonté des Européens ; 61 % des Européens sont favorables au renforcement de la coopération militaire européenne et 56 % à la création d’une armée européenne, selon le Mouvement Européen International dans un sondage publié en juin 2025.

𝐃𝐚𝐧𝐬 𝟑-𝟒 𝐚𝐧𝐬…
Alertait l’année dernière le chef d’état-major français, l’Europe pourrait faire face à une nouvelle attaque russe. Certes, quelques pas en avant ont été réalisés en faveur de la coopération des infanteries européennes sur le front russe.

Cependant, il n’y aura jamais de réelle coopération des armées sans interopérabilité des armements, des chars, des avions, c’est-à-dire la standardisation de l’équipement européen permettant une maintenance plus efficace et moins coûteuse, ainsi qu’une meilleure réactivité des armées face aux attaques rapides. Le manque d’interopérabilité des armements condamne l’Europe à rester l’éternelle tour de Babel, vivant au crochet de l’Oncle Sam.

Le « zoo » de matériel militaire livré par les différents pays européens à l’Ukraine est l’héritage de ce charabia militaire européen.

Pôle Géopolitique et Economie